Emmanuelle Haïm direction
Pierre Audi mise en scène
Jonathan Meese scénographie
Marlies Forenbacher scénographe associé
Jorge Jara costumes
Willem Bruls dramaturgie
Jean Kalman lumières
Kim Brandstrup chorégraphie
Michèle Losier Médée, La Gloire
Anders Dahlin Jason
Stéphane Degout Oronte, un chef des habitants, un berger
Sophie Karthäuser Créuse, La Victoire, 2e bergère
Laurent Naouri Créon
Aurélia Legay Nérine, Bellone
Elodie Kimmel Cléone, 1ère bergère
Katherine Watson Une Italienne, un fantôme, une bergère
Benoît Arnould Arcas, un habitant
Clémence Olivier l'Amour
Le Concert d’Astrée
Chœur d’Astrée
Médée nous plonge dans des mondes divergents où s’affrontent, dans la démesure et l’extrémisme, tout l’évantail des passions qui, à défaut de laisser la raison triompher, se détruisent mutuellement, ivres de leur soi-disant bon droit.
L’amour possessif de Médée et son destin révèlent que l’amour n’est pas tant l’affaire des dieux que celle des hommes, puisque l’être qui représente l’Amour – ici Médée – ira jusqu’à s’octroyer le droit de détruire sur son passage tout ce qui s’y trouve, à commencer par ses propres enfants.
Pour le librettiste Thomas Corneille, comme ça l’était déjà pour son aîné Pierre, l’affaire est entendue : seul l’amour fait vivre les êtres humains que nous sommes, et c’est à ce titre qu’il doit avoir tous les droits ; or si tel est le cas, ce qui fait vivre les hommes est aussi bien ce qui les tue, car qui a tous les droits ne se reconnaît plus aucun devoir... L’amour est donc tragique pour autant qu’il est à la fois nécessaire et impossible.
Pour cette nouvelle représentation du chef-d’œuvre de Charpentier, fruit d’une collaboration entre le chef Emmanuelle Haïm, le metteur en scène Pierre Audi et le plasticien Jonathan Meese, le caractère baroque de l’opéra a été totalement respecté, mais le contenu de l’ouvrage n’en est pas moins passé à travers le filtre d’un regard artistique soucieux de mettre en relief les affinités troublantes qui existent entre deux types de « sociétés du Spectacle » : le protectorat exercé par Louis XIV sur les arts de son temps et le voyeurisme éhonté qui domine les sociétés de contrôle du XXIe siècle. En se transformant en Ange de la mort, Médée ne nous invite-t-elle pas à mettre en question notre éternelle propension à échapper à toutes nos responsabilités ?
Et aussi
Dans le cadre de la manifestation « Nuit Blanche » le samedi 6 octobre, le Théâtre des Champs-Elysées sera ouvert au public de 23h à 4h et proposera un parcours vidéo autour de l’œuvre de Jonathan Meese.