Publié le 08/10/2026
Publié le 08/10/2026
Fondé en 2019 à Berlin, le Quatuor Leonkoro («cœur de lion» en espéranto) est composé des frères Jonathan et Lukas Schwarz au premier violon et au violoncelle, d’Emiri Kakiuchi au second violon et de Mayu Konoe à l’alto. Du prestigieux concours du Wigmore Hall aux plus grandes scènes internationales, il s'impose aujourd'hui comme l’une des formations incontournables de musique de chambre.
Un gène familial, en fait ! Chacun d’entre nous a des parents qui sont soit musiciens professionnels, soit qui ont joué d’un instrument, et tous nos frères et sœurs également musiciens ou travaillent dans le milieu de la musique classique !
Sans aucun doute, notre première rencontre avec Günter Pichler, premier violon du Quatuor Alban Berg. Son invitation à étudier avec lui, ainsi que ses cours en ligne quelques mois plus tard, nous ont permis de tenir le coup pendant la pandémie. Il se souciait énormément de ses élèves ; il pensait à eux et parlait avec eux même en dehors des heures de cours. Une recommandation de sa part nous a ouvert de nombreuses des portes pour notre carrière.

Lukas : Ma première expérience au sein d'un grand orchestre symphonique a été la Cinquième Symphonie de Mahler. Je me souviens encore de la première répétition : lorsque l'orchestre a attaqué le premier tutti pendant le solo de trompette, j'ai été tellement bouleversé par la puissance du son que j'ai failli tomber de ma chaise. Ce fut une expérience incroyable qui m'a donné envie de faire de la musique mon métier.
Au-delà des enregistrements (historiques), tenter d’imaginer comment d’autres musiciens ou ensembles — en dehors du quatuor à cordes — interpréteraient une œuvre nous aide considérablement à trouver un phrasé naturel. Comment un chanteur relierait-il les intervalles entre les notes ? Comment respirerait-il ? Comment la main gauche d’un pianiste accompagnerait-elle la mélodie jouée par sa main droite ? Ou encore, dans un contexte symphonique, à quel moment un orchestre aurait-il besoin de prendre son temps ? Il existe tant d’artistes inspirants dont l’approche musicale ouvre de nouvelles perspectives.
Cela peut sembler très cliché de répondre Haydn et Beethoven — surtout au vu de l’importante quantité d’œuvres qu’ils ont écrites pour quatuor à cordes — mais ils occupent une place tellement centrale dans ce répertoire qu'il est difficile d'imaginer jouer en quatuor sans leurs œuvres. Ces deux compositeurs offrent des fondamentaux techniques essentiels qui permettent de progresser en tant que musicien de musique de chambre. De plus, la plupart des compositeurs — si ce n'est tous — ont puisé leur inspiration auprès d'eux. Travailler ces œuvres majeures nous permet d’acquérir des bases qui serviront dans tout ce que nous jouerons par la suite.
Nous avons la chance de beaucoup voyager et de découvrir les villes, les cultures et les paysages qui ont inspiré les compositeurs ; nous essayons de nous en imprégner autant que possible et de laisser toutes ces expériences enrichir notre interprétation.

Jonathan : J'éprouve un profond sentiment de liberté et de créativité lorsque je suis en pleine nature, loin du rythme effréné du quotidien. Cela me permet de ralentir, de me reconnecter à moi-même et de trouver l'inspiration dans de nouvelles idées.
Emiri : Mon rituel avant de monter sur scène est très simple : je garde mes mains au chaud, je bois beaucoup d'eau, je commence à avoir le trac et je me rappelle de ne pas oublier de prendre du plaisir et de me libérer de mon autocritique !


Mayu : Il y a eu de nombreux concerts mémorables, mais pour moi, c’est celui où le public a été autorisé à revenir dans les salles de concert pour la première fois après la pandémie. Je garde en mémoire la gratitude que nous avons ressentie face aux applaudissements, le fait que les gens aient fait l'effort de se déplacer pour assister au concert, ainsi que l'enthousiasme du public, qui était aussi heureux que nous d’être là. Ce fut là le plus beau rappel de la raison pour laquelle nous exerçons ce métier.
Votre plus grande émotion en tant que spectateur ?
La plus vive émotion que l’on ressent en tant que spectateur est celle qui s’impose d’elle-même, parce que l’artiste a interprété l’œuvre de cette façon précise. S’asseoir et se laisser totalement imprégner par l’instant : c’est une sensation souvent indescriptible.
Jonathan : Le sport et la bonne nourriture
Emiri : En ce moment, cuisiner et manger !
Mayu : Découvrir de nouveaux lieux lors de nos tournées et la callisthénie.
Lukas : Voir des amis
Jonathan : Je ferais un autre métier artistique ou un travail de bureau.
Emiri : Quand j’étais enfant, je me voyais bien avoir un magasin de jouets, mais aujourd’hui, je m’imagine plutôt cat-sitter !
Mayu : Traducteur ou soigneur d’animaux.
Lukas : Je serais probablement un éternel étudiant !
Joseph Lanner Marien Walzer Op. 143 (Quatuor Alban Berg)
Astor Piazzolla Concierto para quinteto (Quatuor Artemis)
Franz Schubert La Jeune Fille et la Mort D.810 (Quatuor Alban Berg)
György Ligeti Quatuor à cordes n° 1 (Quatuor Artemis)
Ludwig van Beethoven Grande Fugue en si bémol majeur, op. 133 (Quatuor Alban Berg)