Robinson Crusoé, Offenbach

mise en scène Laurent Pelly

L’intention dramaturgique de Laurent Pelly

Laurent Pelly signe une mise en scène moderne et métaphorique du mythe de Robinson : plutôt que de rester dans l’idée d’une île tropicale exotique classique, il choisit de situer l’action dans une Amérique urbaine et transforme l’œuvre en une fable visuelle, reflet du monde contemporain : l’« île » s’apparente ici à une société capitaliste où le naufrage évoque la précarité et l’exclusion sociale plutôt qu’une simple aventure exotique. Cela se traduit par une iconographie visuelle et un décor qui évoquent une satire du consumérisme et de l’exploitation capitaliste plutôt que les clichés coloniaux ou tropicaux.

 

Les décors de  Chantal Thomas et les costumes de Laurent Pelly

La première partie s’ouvre sur l’intérieur d’un appartement petit-bourgeois, à la fois foyer familial et île métaphorique. Les espaces sont disposés autour d’un axe central qui tourne presque comme une « île mobile », soulignant le caractère isolé de leur vie. À l’acte II, le décor se transforme en campement de personnes déshéritées au pied de gratte-ciels. Les huttes traditionnelles deviennent des tentes de SDF. Une gigantesque enseigne « EAT » en néons apparait ensuite symbolisant les codes des fast-foods où les « cannibales » tentent de transformer les humains en produits consommables. Les « sauvages » prennent ici les traits caricaturaux de figures politiques contemporaines (par exemple des clones de Donald Trump avec costumes et chorégraphies).

Les costumes dessinés par Laurent Pelly s’inscrivent dans un univers résolument contemporain. Les personnages évoluent dans des vêtements bourgeois (costumes sages, couleurs neutres) soulignant l’ennui du monde que Robinson s’apprête à quitter. Après le naufrage, les costumes deviennent des habits de SDF — parkas, survêtements, manteaux trop grands, sacs plastiques détournés. Les figures menaçantes sont, elles, habillées de façon volontairement caricaturale renforçant la satire sociale.

Dans la presse

La mise en scène de Laurent Pelly (…) fait merveille.

Une mise en scène rythmée, une direction orchestrale vitaminée et une distribution vocale parfaite emportent le public dans un tourbillon de fantaisie et d’humour.

Une réjouissante robinsonnade lyrique. (…) Cette version modernisée enchante

(…) Une nouvelle production très réussie.

Documentation disponible

(c) photos : Vincent Pontet

Fiche technique

Date de la création
Équipe artistique
Soliste, chœur, figuration

Le 3 décembre 2025 au Théâtre des Champs-Élysées

Coproduction Théâtre des Champs-Élysées | Angers-Nantes Opéra | Opéra de Rennes, en collaboration avec le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française
En partenariat avec france.tv et Le Figaro
Disponible en streaming sur le site de France Musique et l’appli Radio France

Laurent Pelly | mise en scène, costumes
Agathe Mélinand | adaptation des dialogues, dramaturgie
Chantal Thomas | scénographie
Michel Le Borgne | lumières

 

Robinson, ténor
Edwige, soprano
Vendredi, mezzo-soprano
Sir William Crusoé, baryton-basse
Toby, ténor
Jim-Cocks, ténor
Suzanne, soprano
Deborah, mezzo-soprano
Atkins, basse

Chœur
30 personnes

Figuration
4 hommes