Florent Siaud propose une lecture contemporaine, habile et claire du génial opéra de Mozart.
L’Enlèvement au sérail, Mozart
L’intention dramaturgique de Florent Siaud
Florent Siaud signe une mise en scène contemporaine, loin des clichés orientalistes et propose une relecture de l’opéra qui explore les rapports de domination, la condition des femmes et les mécanismes du pouvoir. Au cœur d’un sérail très épuré d’inspiration méditerranéenne, il abandonne tout pittoresque superflu pour construire un espace mental où l’enfermement devient autant moral que physique, tout en s’attachant à préserver l’équilibre entre le caractère ludique de l’œuvre et sa dimension humaine. Les dialogues parlés sont rythmés par un atelier de bruitage et création sonore, à la vue des spectateurs, qui distille quelques atmosphères tour à tour poétiques ou anxiogènes.
La scénographie
Conçue par Romain Fabre, la scénographie privilégie une esthétique contemporaine et graphique, loin des représentations orientalistes. Au lever de rideau, apparaissent d’immenses façades blanches vitrées telles des structures de moucharabieh inspirées du Louvre Abu Dhabi ou du Mucem de Marseille. Des panneaux coulissants permettent de moduler les lieux de l'action tout en conservant une unité visuelle. Le palais du Pacha Selim prend la forme d'un vaste espace à la fois salon avec mobilier luxueux et objets d'art ou salle de réception. Un dispositif vidéo en noir et blanc affichant les visages des protagonistes accompagne certaines scènes.
Les costumes
Les costumes de Jean-Daniel Vuillermoz s'inscrivent dans le même parti pris contemporain abandonnant toutes références exotiques. Le Pacha Selim apparaît comme un riche collectionneur d’art, vêtu avec une élégance sobre et luxueuse. Autour de lui évolue un personnel de sécurité vêtu à la manière de gardes du corps modernes : costumes sombres, lunettes noires et oreillettes. Les quatre protagonistes sont quant à eux caractérisés par des vêtements modernes correspondant à leur statut : Belmonte en aventurier puis costume habillé, Konstanze en robes fluides et élégantes, Blonde en look punk et Pedrillo en vendeur à la sauvette.
Dans la presse
Faisant fi de l’orientalisme appuyé dans l’opéra de Mozart, la production (…) mise sur une jeunesse et un humour irrévérencieux pour proposer une approche légère et moins stéréotypée.
La mise en scène tout en symbole de Florent Siaud et l’orchestration colorée de Laurence Equilbey donnent à voir et entendre un spectacle réussi.
Le spectacle, mis en scène par Florent Siaud, dans un harem à l’architecture moderne et des costumes d’aujourd’hui, est plaisant et réjouissant.
Documentation disponible
Programme de salle : voir le pdf
Interview vidéo de Florent Siaud
Vidéos : bande-annonce
(c) photos : Vincent Pontet