Un siècle d’histoire : 1913-2013

Né du rêve de l’imprésario Gabriel Astruc d’offrir à Paris un palais consacré à toutes les formes de musique et à la danse, le Théâtre des Champs-Élysées est construit avenue Montaigne par les frères Perret, pionniers du béton armé. Son décor réunit notamment Bourdelle, Maurice Denis, Vuillard et Jacqueline Marval.

Le chantier en construction, 1912 | Fonds Perret, IFA, Paris / Étude de la deuxième façade du Théâtre, Antoine Bourdelle © Musée Bourdelle

Antoine Bourdelle et sa fresque Pégase apporte la lyre aux hommes à l’Atrium, 1912-1913 © Photo Musée Bourdelle

 

Inauguré au printemps 1913, il devient aussitôt un foyer de modernité, marqué par le scandale du Sacre du printemps de Stravinsky et la chorégraphie de Nijinsky. Malheureusement Gabriel Astruc fait faillite dès l’automne suivant et le Théâtre joue les «belle endormie» jusqu’aux années de la première guerre mondiale.

Le Sacre du printemps, chorégraphie Nijinsky, Photographie prise
en studio de répétition, mai 1913 | © Albert Harlingue / Fonds Roger-Viollet

Dans les années 1920, il renaît et s’affirme de nouveau comme lieu incontournable avec les présences des Ballets Suédois, de Louis Jouvet, Joséphine Baker et de grandes figures musicales internationales. Après les somptueuses saisons Straram, la crise et l’Occupation — période durant laquelle le lieu est néanmoins dans l’obligation d’accueillir les concerts à l’Orchestre Radio-Paris —, l’après-guerre voit revenir les grandes soirées symphoniques, lyrique et de ballet. Les venues de Stravinsky, Maria Callas, Pierre Boulez, Leonard Bernstein, Herbert von Karajan, Maurice Béjart, Jacques Brel et Daniel Barenboim… jalonnent son histoire d’après-guerre. 

Affiche Loïe Fuller, décembre 1926-janvier 1927 et Joséphine Baker en répétition sur la scène du Théâtre, octobre 1925 © Collection particulière

 

Elisabeth Schwarzkopf et Maria Callas dans les années 60 © Lebrecht / Rue des Archives
Igor Stravinsky et Arthur Rubinstein, début des années 60 © Fonds Lipnitski / Roger-Viollet

En haut : Alceste de Lully, direction musicale Jean-Claude Malgoire, mise en scène Jean-Louis Martinoty, 1991 © Colette Masson / Roger-Viollet
De gauche à droite : Jean-Claude Malgoire, William Christie, René Jacobs et Marc Minkowski © Alvaro Yañez

 

Rénové de 1985 à 1987, le Théâtre retrouve son éclat et accompagne tout particulièrement la révolution baroque menée par William Christie, René Jacobs, Marc Minkowski et leurs successeurs.

Au tournant du XXIe siècle, il élargit sa programmation où se mêle désormais musique ancienne, répertoire symphonique, opéra, récital et compagnie de danse internationales, tout en fidélisant les artistes et en révélant de nouveaux talents.

Son centenaire, célébré en 2013, rappelle sa double ambition d’origine : préserver un patrimoine exceptionnel et demeurer une scène vivante de création, de diversité et d’audace, où l’histoire continue de s’écrire chaque soir.

Venez découvrir cette exposition dans les pourtours de l'orchestre avant, à l'entracte et après les représentations.